Défaillances d'entreprises en France 2026 : les chiffres clés
Les défaillances d'entreprises en France racontent une histoire simple : après avoir été maintenues très bas par les aides de la crise sanitaire, les procédures collectives ont rattrapé leur retard puis franchi un record. Près de 70 000 entreprises ont été défaillantes en 2025, un niveau jamais atteint. Voici le tableau complet en chiffres, les totaux annuels, le rythme de progression, les secteurs et les régions en première ligne et les emplois menacés, chaque donnée provenant d'une source officielle ou de référence.
- La France a enregistré près de 70 000 défaillances d'entreprises en 2025 (69 957 selon Altares, 68 564 sur douze mois selon la Banque de France), un record historique.
- Le rythme a nettement ralenti : +3,6 % sur un an en 2025 après +17,7 % en 2024, signe que la vague de rattrapage post-covid arrive à son terme.
- Le niveau reste durablement supérieur à l'avant-crise : environ 52 000 défaillances en 2019, contre un creux d'environ 28 000 en 2021 sous l'effet des aides d'État.
- La construction concentre à elle seule un quart des procédures, devant les services aux entreprises et le commerce.
- Environ 267 000 emplois étaient menacés par les procédures ouvertes en 2025, soit 11 000 de plus qu'un an plus tôt.
Les défaillances d'entreprises en France sont suivies mois après mois par la Banque de France et l'Insee, et publiées dossier par dossier au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Rassemblées, elles décrivent une économie où le nombre de procédures collectives s'est installé à un niveau durablement plus élevé. Voici les chiffres qui comptent, chacun tiré d'une source officielle ou de référence.
Les chiffres qui font la une
2025, un record historique
La France a compté 69 957 défaillances d'entreprises en 2025 d'après Altares, un niveau jamais atteint. La Banque de France, sur un champ un peu différent, dénombre 68 564 défaillances cumulées sur douze mois à fin décembre 2025. Dans les deux cas, le seuil des 68 000 est franchi et celui des 70 000 est en vue.12
La barre des 70 000 approchée
La presse économique a résumé l'année d'un chiffre : près de 70 000 entreprises défaillantes en 2025. C'est l'aboutissement de trois années de hausse continue, après une décennie où le soutien public avait tenu les faillites artificiellement basses.3
Un rythme qui ralentit enfin
La progression s'essouffle. La hausse n'a été que de +3,6 % sur un an en 2025, contre +17,7 % en 2024 selon la Banque de France (Altares mesure +3,1 %). Le nombre continue d'augmenter, mais la pente se casse nettement.1
2024 avait établi le premier record
2024 avait déjà marqué un sommet, avec 67 830 procédures d'après Altares et 65 764 selon la Banque de France, en hausse d'environ 17 %. Les analystes y avaient vu un record historique, effet de rattrapage des faillites évitées pendant le covid.45
2023, l'année de l'accélération
La bascule s'est jouée en 2023, quand les défaillances ont bondi d'environ 36 % sur un an. C'est cette année-là que le compteur a rejoint puis dépassé ses niveaux d'avant-crise, mettant fin à la parenthèse des aides.4
Le niveau replacé dans son contexte
Bien au-dessus de l'avant-crise
Le point de comparaison est 2019. Cette année-là, avant la crise sanitaire, la France avait enregistré environ 52 000 défaillances, le plus bas niveau en dix ans. Le record de 2025 se situe donc près de 35 % au-dessus de ce dernier repère normal.6
Le creux de 2021 était un trompe-l'oeil
À l'inverse, 2021 avait vu les défaillances tomber à un creux d'environ 28 000, un plancher totalement artificiel. Prêts garantis par l'État, fonds de solidarité et report de charges avaient gelé une partie des faillites, simplement décalées de quelques années.7
La fin de six années atypiques
La Banque de France parle d'un retour à la normale après six années atypiques. Le niveau observé en 2025 traduit à la fois un rattrapage des défaillances évitées et un nouveau point d'équilibre, durablement supérieur à l'avant-crise. Autrement dit, la vague ne s'est pas brisée, elle a formé un palier.8
Comment les entreprises tombent
La liquidation judiciaire domine
La très grande majorité des procédures sont des liquidations judiciaires directes, loin devant les redressements judiciaires, les sauvegardes ne pesant que quelques pour cent du total. En clair, la plupart des défaillances françaises ne débouchent pas sur un plan de continuation mais sur la disparition de l'entreprise.2
Les plus petites entreprises paient le prix fort
Ce sont les micro-entreprises et les TPE, en particulier celles de moins de trois salariés, qui concentrent l'essentiel des défaillances. Plus exposées aux hausses de charges, aux retards de paiement et aux tensions de trésorerie, elles forment le gros du contingent chaque année.1
Mais les PME et ETI ont aussi décroché
La nouveauté récente vient du haut du tissu productif. Les défaillances de PME et d'ETI ont atteint un plus haut en 2024, les entreprises de plus de 50 salariés voyant leurs procédures bondir d'environ 30 %. Le phénomène n'épargne plus les structures que l'on croyait solides.9
Quels secteurs tombent le plus
La construction en tête
La construction est le secteur le plus touché. Elle a concentré un quart des procédures en 2025 (environ 25 %), avec 4 696 défauts sur le seul quatrième trimestre, dont plus de 3 800 dans le bâtiment. Marges tendues, contrats à prix fixe et longues chaînes de paiement exposent le BTP dès que la demande faiblit.1
Un premier signe d'accalmie dans le BTP
Nuance encourageante : sur l'ensemble de 2025, la construction a vu ses défaillances reculer d'environ 3 %, l'un des rares secteurs à s'améliorer. Le bâtiment reste le premier pourvoyeur de procédures, mais la dynamique s'est retournée.1
Le commerce et les services suivent
Derrière la construction, ce sont les services aux entreprises, le commerce et l'industrie qui alimentent le plus le compteur. Ces activités tournées vers la consommation et l'investissement sont en première ligne du resserrement de la demande.4
L'addition sociale
Environ 267 000 emplois menacés en 2025
Derrière les procédures, il y a des salariés. Les défaillances ouvertes en 2025 mettaient en jeu plus de 267 000 emplois, soit 11 000 de plus qu'un an plus tôt. Le coût humain a continué de grimper alors même que le nombre de procédures ralentissait.2
Déjà plus de 255 000 emplois exposés en 2024
L'année précédente n'était pas en reste : 255 737 emplois étaient menacés en 2024, principalement dans la construction (19 %), les services aux entreprises (19 %), le commerce (15 %) et l'industrie (13 %). Deux années de suite, plus d'un quart de million de postes ont été mis en jeu.10
Au-delà des moyennes nationales
Plusieurs régions dans le rouge
La géographie compte. En 2024, la Normandie, l'Île-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et l'Auvergne-Rhône-Alpes affichaient les indicateurs les plus dégradés. Le record est national, mais il ne frappe pas partout avec la même intensité.10
D'où viennent les données
Un socle de sources officielles
Chaque chiffre est public. La Banque de France publie les statistiques mensuelles à partir de sa base Fiben, l'Insee tient la série longue des défaillances par date de jugement, et le BODACC est le journal officiel où chaque jugement d'ouverture est annoncé. Des cabinets comme Altares agrègent ces données pour livrer un bilan trimestriel. Ensemble, ils font de la défaillance d'entreprise l'une des statistiques les plus transparentes de l'économie française.1112
Notre lecture : suivre les dossiers, pas le trimestre
Une mauvaise année peut passer pour un accident ; trois années consécutives près d'un record, non. FailliteRadar enregistre chaque défaillance d'entreprise le jour où elle est publiée, ce qui permet de suivre les dernières procédures par secteur et par région des semaines avant qu'elles ne rejoignent une publication trimestrielle. Si le niveau de base des faillites s'est durablement relevé, le surveiller dossier par dossier est exactement ce à quoi sert FailliteRadar.
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Sources
- 1 Banque de France (banque-france.fr)
- 2 Altares (altares.com)
- 3 Le Moniteur (lemoniteur.fr)
- 4 Altares (altares.com)
- 5 Banque de France (banque-france.fr)
- 6 Altares (altares.com)
- 7 Insee (insee.fr)
- 8 Banque de France (banque-france.fr)
- 9 Groupe BPCE (groupebpce.com)
- 10 franceinfo (francetvinfo.fr)
- 11 Insee (insee.fr)
- 12 BODACC (bodacc.fr)
Repérez les défaillances avant les statistiques
FailliteRadar recense chaque défaillance d'entreprise en France le jour de sa publication au BODACC, souvent des semaines avant les statistiques officielles. Filtrable par secteur, région et procédure.